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Les examens d'imagerie du sein utilisant la médecine nucléaire sont associés à un risque de cancers radio-induits

Les examens d'imagerie du sein utilisant la médecine nucléaire sont associés à un risque de cancers radio-induits

Certains examens d'imagerie sénologique qui utilisent la médecine nucléaire pourraient augmenter le risque de cancers radio-induits par rapport à la mammographie, met en garde une étude à paraître dans Radiology en octobre prochain.

Les risques et les bénéfices associés à la mammographie sont bien évalués, mais de nouvelles techniques ont été approuvées et introduites en pratique clinique comme la mammoscintigraphie (breast-specific gamma imaging -BSGI) ou la mammographie par émission de positons (PEM), indique le Pr R. Edward Hendrick de l'université du Colorado à Denver dans un communiqué de la Radiological Society of North America (RSNA).

Les études préliminaires sont prometteuses pour déceler des cancers mais les deux techniques impliquent l'injection d'un radiotraceur.

Le Dr Hendrick a revu des études récentes sur les doses d'irradiation pour estimer le risque de cancer radio-induit et de décès au cours de la vie de la femme examinée.

Pour la mammographie analogique avec deux clichés, le risque de cancer du sein radio-induit fatal est de 1,3 cas pour 100.000 femmes âgées de 40 ans lors de l'exposition. Il est de 1,7 cas pour la mammographie numérique et moins d'un cas pour 1 million de femmes examinées âgées de 80 ans lors de l'examen. Au total, le dépistage annuel par mammographie (analogique ou numérique) réalisé chez les femmes de 40 à 80 ans, selon les modalités américaines, est associé à un risque de cancer du sein fatal de 20 à 25 cas pour 100.000.

Le scanner dédié et la tomosynthèse numérique étaient associés à un risque de cancer du sein fatal au cours de la vie de respectivement 1,3 et 2,6 cas pour 100.000 femmes de 40 ans lors de l'examen. La mammoscintigraphie était associée à un risque 20 à 30 fois supérieur à celui de la mammographie pour des femmes de 40 ans et la PEM à un risque 23 fois supérieur.

De plus, ces deux techniques induisent des risques aussi pour les organes voisins (intestins, reins, vessie, vésicule biliaire, utérus, ovaires et côlon).

"Un seul examen de mammoscintigraphie ou de tomographie par émission de positons induit un risque plus important ou égal à celui d'un dépistage annuel par mammographie réalisé tout au long de la vie d'une femme, de 40 à 80 ans", commente le chercheur.

La radioactivité naturelle se chiffre à 3 mSv par an aux Etats-Unis. Un examen de mammographie est de l'ordre de 0,56 mSv en analogique et 0,44 mSv en numérique, ce qui correspond à deux mois d'irradiation naturelle. Mais la dose reçue avec une mammoscintigraphie est beaucoup plus importante (6,2 mSv), tout comme celle de la PEM (9,4 mSv), ce qui équivaut à deux à trois ans d'irradiation naturelle.

"L'outil premier reste la mammographie pour le dépistage du cancer du sein", note le médecin.


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