Publicité

sante-dz - Actualités - Interview du Pr. SOUKEHAL : Le risque d'épidémie est bien présent !

Interview du Pr. SOUKEHAL : Le risque d'épidémie est bien présent !

Interview du Pr. SOUKEHAL : Le risque d'épidémie est bien présent !

Le Pr Abdelkrim Soukehal, Epidémiologiste spécialiste en médecine préventive et hygiène à Santé DZ

La gestion sécurisée et écologique des déchets d’activités de soins à risque infectieux (DASRI) issus de la médecine humaine et vétérinaire ont fait l’objet d’une rencontre-débat à Alger, animée par le Pr Abdelkrim Soukehal, Epidémiologiste spécialiste en Médecine Préventive et Hygiène à la faculté de médecine d’Alger.

Propos recueillis par Cylia Lateb, pour Santé DZ

 

1 . Pr Soukehal, pouvez vous expliquer à nos lecteurs qu’est ce qu’un déchet de soin ?

Pr Soukehal : Les déchets d’activités de soins (DAS) sont des déchets issus des activités de diagnostic, de suivi, de traitement préventif, curatif ou palliatif, dans les domaines de la médecine humaine et de la médecine vétérinaire. Cette production de déchets se fait aussi bien dans les établissements publics que dans les établissements privés. Une seule et même législation les régis.

 

2 . Par analogie, pouvez-vous donc nous dire qu’elle est la définition d’un DASRI ?

Pr Soukehal : Les DASRI sont des DAS qui contiennent des micro-organismes viables ainsi que leurs toxines. En raison de leur nature, de leur quantité ou de leur métabolisme, ils sont susceptibles de causer des maladies chez l’homme ou chez d’autres organismes vivants pouvant contaminer l’homme.

 

3 . Comment se fait le tri des déchets au sein d’une structure de soin ?

Pr Soukehal : Les déchets hospitaliers ou déchets d’activités de soins se répartissent en 2 grandes catégories :

1. Les déchets assimilables aux ordures ménagères (DAOM) représentant 70% des déchets.

2. Les déchets d’activités de soins à risques (DAS) qui sont des déchets (TRES DANGEREUX) représentant 30% des déchets.

Les Déchets d’activités de soins sont à l’indicatif du secteur public et du secteur privé dont la production est en constante augmentation.

 

4. Est - il possible d’avoir des exemples sur les risques des DAS pour l’humain et l’environnement ?

Pr Soukehal : Les risques sont divers. Ils peuvent être d’ordres infectieux, biologiques ou traumatiques. Il peut s’agir également de risques chimiques, toxiques ou radioactifs …

 

5. Qu’en est-il au plan législatif ?

Pr Soukehal : La loi n°01-19 du 27 Ramadhan 1422 correspondant au 12 décembre 2001 relative à la gestion, au contrôle et à l’élimination des déchets fixe les responsabilités et obligations des producteurs en termes de déchets sur la base des principes suivants :

  • Prévention et réduction de la production et de la nocivité des déchets
  • Organisation du tri, de la collecte, du transport et du traitement des déchets
  • Valorisation des déchets par leur réemploi ou leur recyclage

A titre de rappel, le mélange des déchets spéciaux dangereux avec d’autres déchets est strictement interdit.

 

6 . Pouvez-vous nous parler des emballages et supports de collecteurs réservés à stocker les déchets ?

Pr Soukehal : Un emballage spécifique et adapté pour la collecte des DASRI est obligatoire dans les établissements de soins. Ces déchets à risque infectieux, peuvent être des déchets piquants , coupants , tranchants (aiguilles, cathéters, rasoirs, bistouris, lames, boites de pétri…), issus de cultures de laboratoires et tubes de prélèvements … Ils peuvent aussi être des produits sanguins utilisés ou non utilisés , du placenta … des déchets de médicaments y compris les cytostatiques et cytotoxiques ou bien des déchets ( organes ) anatomiques reconnaissables . Tous les DASRI doivent être collectés dans des emballages de couleur jaune portant le sigle « danger » biologique  En outre, il existe des sacs spécifiques fixés sur des supports métalliques. Ils sont soit à roulettes pour les sacs de 30L et plus ou bien adaptables au chariot de soins pour les sacs de 30L et moins. Tous les supports doivent être nettoyés et désinfectés avant réutilisation.

 

7. Qu’elle est l’étape suivant le tri et la collecte des DASRI dans des emballages spécifiques ?

Pr Soukehal : Les déchets d’activité de soins à risques infectieux (DASRI) seront éliminés soit :

  • Par broyage et stérilisation (banalisation) soit en in situ soit en plate forme externe.
  • Par incinération qui doit se faire dans des usines d’incinération respectueuses des normes environnementales en vigueur.

 

8 . En quoi consiste chacune des techniques applicables pour l’élimination des DASRI ?

Pr Soukehal :

A .Concernant l’incinération, il s’agit d’un dispositif complexe visant à réduire ou détruire des déchets par incinération, c'est-à-dire par une combustion aussi complète que possible. Cette technique se basant sur la transformation du déchet par action du feu ne peut actuellement se réaliser que dans des usines d’incinération. Elle est parfaitement règlementée et doit répondre à des normes de protection environnementale. Notons que depuis 2013, sur instruction ministérielle, l’incinération des déchets n’est plus permise à l’intérieur des structures de santé.

B. S’agissant de la banalisation, les DARSI sont broyés et stérilisés dans un dispositif appelée « Banaliseur ». Le rôle de ce dispositif, qui doit être agrée , est de transformer le DASRI .

On obtient ainsi une réduction du déchet en poids et en volume après broyage, puis stérilisation du broyat  généralement par micro-onde. Si l’avantage du « banaliseur » est l’absence du rejet de liquide et de polluants, le résidu final obtenu est neutralisé et devient assimilables à des Ordures Ménagères (DAOM).

 

9 . Existe-t-il d’autres procédés de traitement des déchets respectueux de l’environnement ?

Pr Soukehal : Effectivement, il existe un procédé qui n’utilise aucun produit chimique mais uniquement l’électricité. Les DASRI sont broyés et rendus méconnaissables. Ils sont ensuite stérilisés aux micro-ondes. L’innovation de ce procédé est de pouvoir recycler le broyat et réaliser un tri ultime en séparant les matières plastiques et les autres produits afin de les recycler et de les valoriser. Ce procédé innovant, aboutissant à Zéro DASRI , s’inscrit dans un programme d’économie circulaire avec un respect total de l’environnement . Il  s’insère dans le cadre du processus lié au développement durable.

Un dernier mot Pr Soukehal ?

Il faut garder à l’esprit que seul le tri à la source du DASRI sera le garant de la sécurité tout au long de la filière d’élimination des Déchets d’Activité de Soin. L’élimination ultime du DASRI doit se faire dans le respect total de l’environnement. A l’heure actuelle, L’externalisation du traitement du DASRI dans des plateformes extérieures aux structures de soins doit être la règle et non l’exception …


Sur le même thème


Publicité
Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site, mais nous ne sauvegardons pas de données personnelles. Continuer.