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Les difficultés de calcul chez l'enfant ou Dyscalculie : Comment y remédier ?
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Les difficultés de calcul chez l'enfant ou Dyscalculie : Comment y remédier ?

Les nombres et leur manipulation font partie intégrante de la vie d’un enfant, Certains enfants malgré leur intelligence normale n’arrivent pas à résoudre des opérations aussi simple que 1+3 ou 7-3. D'autres, ne peuvent pas comparer un grand et petit chiffre.
Tout cela perturbe l'enfant et le rend incapable d'étudier de manière organisée ou de suivre le programme "normalement".

Ce trouble est connu sous le nom de "Dyscalculie", Voici les précieux conseils de notre orthophoniste pour en reconnaître les signes chez son enfant ou chez son élève, en connaître les causes et savoir comment y remédier.

 

             Qu’est-ce que la dyscalculie ?

  La dyscalculie est un trouble spécifique du développement, qui porte plus particulièrement sur les chiffres et le calcul.

  La première définition neuropsychologique de la dyscalculie développementale a été avancée par le chercheur Kosc en 1974, qui l’a définie comme une difficulté au niveau des performances en mathématiques résultant d’un déficit situé dans les parties du cerveau qui sont impliquées dans le traitement du calcul; cette difficulté se manifesterait en l’absence d’une atteinte concomitante des fonctions mentales générales.

Les types de dyscalculie 

1. Dyscalculie numérale ou de transcodage ou avec déficit du traitement numérique ou Difficultés pour lire et écrire les nombres :

("deux cent soixante-dix-sept" = 2006017 ; "13" = trente).

 

2. Dyscalculie de faits arithmétiques : ou difficultés pour mémoriser les tables d’addition, de multiplication : 

Lenteur importante (l’enfant utilise souvent ses doigts pour compter).

 

3. Dyscalculie de type visuospatiale ou difficultés pour comprendre les signes : < et > également le "x" et le "+", mélange les colonnes dans une opération posée, difficultés pour dénombrer.

Von Aster propose une classification qui s’appuie sur le modèle du triple code de Dehaene. Suivant ce modèle, l’information numérique peut être manipulée selon trois formats : une représentation analogique codant la magnitude, un code verbal (« trois ») et un code visuel pour les chiffres arabes (« 3 »).

Sur cette base, Von Aster distingue trois types de dyscalculies :

  • Une dyscalculie verbale dans laquelle les enfants éprouvent des difficultés dans la mise en route des procédures de comptage pour effectuer des additions ainsi que pour stocker et récupérer les faits numériques.
  • Une difficulté à lire et à écrire les chiffres arabes.
  • Un défaut du « sens des nombres » se traduisant par des difficultés dans pratiquement tous les domaines liés aux calculs.

 

       Symptômes :

1-Des difficultés scolaires en mathématiques.

2-Des difficultés à raisonner ou à exprimer son raisonnement clairement.

3-Des difficultés d'organisation dans la vie quotidienne et les tâches simples comme vérifier sa monnaie et lire l'heure.

4-Des difficultés de compréhension.

5-Difficultés dans les activités temporelles ou spatiales.

6-Un rejet des activités scolaires.

7-Difficultés fréquentes en arithmétique, confusion entre les signes : +, -, /, ÷ et ×, difficultés avec les tables de multiplication, de soustraction, d’addition, de division, en calcul mental, etc.

8-Difficulté à écrire les chiffres par exemple 4/7 ou 6/9.

9-Incapacité à comprendre une planification financière ou budgétaire, parfois même au niveau le plus basique, comme pour estimer le montant total d’un panier d’articles ou faire la balance de ses comptes.

10-Peut être assez bon dans des matières comme la physique ou la géométrie, qui exigent de la logique plutôt que des formules, jusqu’au moment où il faut faire des calculs.

11-Difficultés à comprendre le concept du temps et à estimer le temps qui passe. Peut être souvent en retard ou en avance.

12-Problèmes spécifiques à distinguer sa droite de sa gauche.

13-Difficultés à naviguer ou à « tourner » mentalement la carte pour suivre la direction actuelle plutôt que l’usage habituel où le nord = le haut.

14-Souvent incapable de saisir ou de se rappeler les concepts, règles, formules ou raisonnements mathématiques malgré de nombreuses révisions.

15-Incapacité à lire une suite de nombres, ou peut l’inverser lorsqu'il le répète, comme de dire 56 au lieu de 65.

 

         Causes :

La dyscalculie se définit donc comme une difficulté dans l'apprentissage et l'exécution de calculs arithmétiques simples.

Les causes de la dyscalculie sont complexes, et bien souvent liées à plusieurs facteurs. On retrouve fréquemment une difficulté à structurer la pensée dont l'origine peut-être une carence, un retard de développement ou un retard suite à des difficultés d'ordre scolaire...

Les chercheurs ont avancé une hypothèse selon laquelle la dyscalculie serait provoquée par une anomalie du développement des réseaux neuronaux impliqués dans la perception des calculs et des nombres. Des facteurs génétiques pourraient être à l'origine de ce dysfonctionnement. Ces données n'ont cependant pas encore été démontrées.

 

      Diagnostic :

C'est l'orthophoniste qui réalise le diagnostic de dyscalculie.

Pour cela, il réalise un bilan qui consiste à étudier les capacités logiques du patient grâce à l'analyse de structures logiques :

Les classes, les mises en relation, les conservations, la combinatoire - qui permettent la construction mathématique, l'étude du nombre et des opérations.

Mais la dyscalculie se diagnostique aussi par l'étude du langage dont l'élaboration est un indice du fonctionnement de la pensée.

Au début du bilan, le patient retrace ses antécédents médicaux, de développement et de sa scolarité, à propos de sa dyscalculie.

Pendant le bilan, l'orthophoniste fait passer différents tests pour comprendre où se situent les difficultés, où se situe le patient par rapport à son âge.

Américaine des troubles mentaux DSM IV :

– les aptitudes arithmétiques, évaluées par des tests standardisés, sont nettement en dessous du niveau escompté compte tenu de l’âge du sujet, de son développement intellectuel et d’un enseignement approprié à son âge.

 – le trouble interfère de manière significative avec la réussite scolaire de l’enfant ou les activités de la vie courante.

 – les difficultés mathématiques ne sont pas liées à un déficit sensoriel.

 

      Traitement  de la dyscalculie :

       Une prise en charge d’une équipe pluridisciplinaire permet de compenser les difficultés et d’aider l’enfant à suivre sa scolarité. Un suivi personnalisé  peut être mis en place pour faciliter l’apprentissage, associé à une rééducation orthophonique et éventuellement à un soutien psychologique.

 

Conseils:

          1*Faire des exercices pour renforcer le sens du nombre : tels que des opérations simples, montants, par exemple : allez au supermarché et demandez-lui de vous aider à faire les courses, vous pouvez vous amuser à compter le nombre de choses que vous devez acheter, identifier les produits d'un rayon et lui demander de les placer dans le chariot.

      2*Utilisation de jeux numériques : utiliser le jeu, apporte un aspect ludique qui favorise la stimulation et l'apprentissage par exemple : Cuisiner ensemble : Lire avec l'enfant la recette que vous allez préparer et lui demander de réunir les ingrédients nécessaires. Par exemple, nous avons besoin de 1/5kg de lentilles, 3 carottes,... Nous devons couper les légumes en 5 morceaux...

      3*Travailler avec son enfant : sur les bases des concepts mathématiques tels que la taille, la proportion (majeur, mineur, long, court, etc.) et de sérialisation.

         4*Les références visuelles : pour les aider à comprendre les mathématiques (dessins, schémas, etc.)

        5*Montrez-lui la correspondance entre la langue et des opérations mathématiques (ajouter: union, soustraire: prendre, se multiplient: ajouter le même nombre; fracture: le partage)

        6*Les aider à visualiser les problèmes et de les séquencer dans les données et les questions.

        7*Prenez soin de votre bien-être émotionnel est essentiel que vous offrez à votre soutien affectif pour éviter les problèmes découlant.

        8*Adapter le processus d'apprentissage de chaque enfant leurs positions, leurs connaissances, leurs besoins, et ainsi de suite.

       9*Trouver des numéros: quand vous vous promenez, vous pouvez demander à votre enfant de chercher des numéros, par exemple, le numéro "7", en regardant le numéro des immeubles, des maisons, des plaques de matriculation, etc.

       10* Jeux de rôles imaginez que l'enfant est un vendeur. Demandez-lui de choisir dans la maison des objets qu'il devra vendre dans son "magasin", dites-lui de leur donner un prix et de leur mettre une étiquette. Faites-vous passez pour un client. Grâce à ce jeu, vous réviserez les quantités, ferez des additions, soustractions et pourrez même gérer de l'argent. C'est une manière divertissante de passer de bons moments en famille et d'apprendre en jouant.

 

 

Références :

      *M. von Aster, « Développemental cognitive neuropsychology of number processing and calculations: Varieties of developmental dyscalculia », European Child & Adolescent Psychiatry, vol. 9, 2000   

     *N. Molko, A. Wilson, S. Dehaene, La dyscalculie développementale, un trouble primaire de la perception des nombres, Revue française de pédagogie, n° 152, juillet-août-septembre 2005, 41-47.

      * American Psychiatric Association, DSM-5 : diagnostic and statistical manual of mental disorders, 5ème edition, Washington, D.C., American Psychiatric Association, 2013

 


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