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Séquelles post-COVID-19
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Séquelles post-COVID-19

Qu’il s’agisse d’une forme bénigne ou d’une forme grave, le CoVid-19 peut avoir des conséquences à plus ou moins long terme sur notre organisme. Perte d’odorat et de goût, fatigue mais aussi complications cardiovasculaires, rénales et neurologiques.

Les séquelles psychiques

Les séquelles psychiques sont à craindre chez les patients, les soignants et les victimes du confinement.
– Chez les patients
Ceux sortant de réanimation avec ventilation assistée et sédation profonde, puis d’une longue convalescence, sont intensément marqués. En plus de la récupération fonctionnelle des organes atteints, ils ont besoin d’un soutien psychologique leur permettant de retrouver un travail et une vie sociale normale. Ceux qui ont guéri spontanément en ont aussi parfois besoin, lorsqu’ils souffrent des troubles divers et mal étiquetés considérés plus haut.
– Chez les personnels soignants
Qu’ils travaillent dans des hôpitaux ou autre organisme lié à la santé publique, qu’ils occupent des fonctions de médecin, infirmier, aide-soignant, brancardier, manipulateur…, ces personnels ont été soumis à des horaires de travail prolongés associés à des responsabilités accrues, vu l’état préoccupant des patients traités, entraînant fatigue, anxiété et manque de sommeil. Même si chez la plupart d’entre eux ces troubles disparaissent avec le retour à l’activité habituelle et la possibilité de congés, certains gardent fatigue, anxiété et insomnie, qui nécessitent un suivi et un soutien psychologique.
– Chez les victimes du confinement
Bien que l’ensemble de la population ait été soumis aux règles du confinement limitant les sorties du domicile et les contacts sociaux, quelques groupes ont été particulièrement touchés : les enfants et jeunes adultes handicapés qui ont quitté leur institution d’accueil ; les enfants privés d’école et de tout contact avec leurs camarades ; les étudiants retournés chez leurs parents et dont les études ont été interrompues. Si ces troubles sont souvent spontanément résolutifs, ils peuvent nécessiter chez quelques-uns une aide psychologique.

Les atteintes rénales 
Une protéinurie, une hématurie microscopique et une élévation modérée de la créatininémie sont fréquentes à la phase aiguë, traduisant une atteinte rénale. Le dosage de la créatinine étant un marqueur de la diminution de la filtration glomérulaire plus que des lésions tubulaires, des marqueurs plus spécifiques comme le KIM-1 (« kidney injury molecule-1 ») et le NGAL (« neutrophil gelatinase associated lipocain ») doivent être utilisés. Des insuffisances rénales aiguës réversibles en rapport avec des troubles hydro-électrolytiques ont été observées. Les atteintes directes liées au virus se traduisent par une nécrose des cellules épithéliales tubulaires inconstamment réversible pouvant conduire à une insuffisance rénale chronique terminale. L’évolution vers l’insuffisance rénale chronique étant toujours silencieuse, les malades ainsi atteints doivent être surveillés sur une longue période

Les atteintes cardiaques 
Une myocardite inflammatoire avérée par l’élévation de la troponine et du BNP (« B-type natriuretic peptide ») est fréquemment retrouvée chez les malades traités en soins intensifs et peut conduire à une insuffisance ventriculaire gauche. Un infarctus du myocarde peut survenir en rapport avec une rupture de plaque favorisée par l’infection ou une anoxie prolongée. Une insuffisance ventriculaire droite secondaire à une hypertension artérielle pulmonaire conséquence de la fibrose respiratoire et/ou d’embolies pulmonaires à la phase aigues est également possible. Des troubles du rythme sont parfois observés, dont des extrasystoles, une tachyarythmie ventriculaire et une fibrillation auriculaire. Insuffisance cardiaque, nécrose myocardique et troubles du rythme persistent après la sortie de la phase aiguë et réclament surveillance prolongée et traitement approprié.

Des séquelles neuropsychiatriques

Une étude publiée par des chercheurs américains de l'université de Californie à San Diego rappelle que des séquelles neuropsychiatriques aiguës et retardées ont été associées à des pandémies virales antérieures. Ces dernières "ont démontré que divers types de symptômes neuropsychiatriques, tels que l'encéphalopathie, les changements d'humeur, la psychose, la dysfonction neuromusculaire ou les processus de démyélinisation, peuvent accompagner une infection virale aiguë et se poursuivre chez les patients rétablis après plusieurs semaines, mois, voire plus". 

Une étude britannique note quant à elle que "le SARS-CoV-2 pourrait causer un delirium chez une proportion significative de patients au stade aigu de l'infection. Les médecins doivent être conscients de la possibilité de souffrir de dépression, d'anxiété, de fatigue, d'un syndrome de stress post-traumatique, et de syndromes neuropsychiatriques plus rares sur le long terme."

Des séquelles neurologiques

Une étude pré-publiée le 21 octobre 2020 sur le site Medrxiv et dirigée par Adam Hamshire, médecin de l’Imperial College London, a analysé les résultats de tests cognitifs de 84 285 personnes ayant contracté la Covid-19. Les résultats ont montré que les individus ayant eu la Covid-19 ont de moins bonnes performances que ceux n'ayant pas été infectés. Pire, les personnes ayant eu une forme grave de la maladie, ceux qui ont dû être hospitalisées par exemple, présentaient des impacts cognitifs "équivalents à une baisse moyenne de dix ans de leur performance globale, entre les âges de 20 ans et 70 ans.

Une autre étude a démontré au travers de scanners électroencéphalogramme (EEG) que des patients présentaient de nombreuses anomalies au niveau de leur activité cérébrale.

Des séquelles ophtalmologiques 

Il ne s'agit pour l'heure que d'un seul cas observé, mais celui-ci pourrait ne pas être le seul. Des chercheurs chinois ont découverts des traces du virus sur les cellules de la conjonctive, de l'iris et du maillage trabéculaire d'une patiente atteinte par la Covid-19 deux mois auparavant. Les résultats de leur étude, publiée le 8 octobre 2020 dans la revue Jama Ophtalmology, suggèrent que "bien que la méthode par laquelle le virus pénètre dans l'œil ne soit toujours pas claire, le SARS-CoV-2 pourrait théoriquement pénétrer dans les tissus oculaires internes.

 


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