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Journée mondiale de la santé mentale 2018 : Schizophrénie Parlons-en

Journée mondiale de la santé mentale 2018 : Schizophrénie Parlons-en

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée ce 10 octobre, nous avons rencontré le Docteur Nesrine BOUMEDIENE Psychiatre à l’hôpital Frantz Fanon de Blida, pour lever le voile sur une pathologie assez délicate.

La maladie mentale recouvre un large panel de troubles psychopathologiques, pouvant s’insérer dans plusieurs registres. Ces derniers sont désormais bien codifiés dans la psychiatrie clinique et ce, grâce à des outils diagnostics et statistiques permettant aux psychiatres du monde entiers d’avoir un langage et des prises en charges consensuels. Nous restons donc tous égaux devant la maladie mentale, autant que pour les pathologies somatiques.

Ce que le commun des mortel appelle maladie mentale par excellence, c’est "la folie" , cela désigne un état mental dans lequel une personne ne partage plus les mêmes références de réalité, que la majorité de ses pairs. En thermes médicaux cela désigne les psychoses. Parmi elles la schizophrénie. Elle reste la plus redoutable, et représente un problème de santé publique, de par l’âge jeun de survenu et le handicap engendré.

La schizophrénie est une psychose chronique, caractérisée par l’installation progressive d’un remaniement, mental touchant les trois sphères du fonctionnement psychique d’une personne, et qui sont : la sphère cognitive, la sphère affective et la sphère comportementale. La personne atteinte de schizophrénie souffre de changements dans les idées et les émotions ainsi que dans les sensations physiques, qui finissent par la confiner dans un monde à part, hermétique à la réalité environnante. Cette désinsertion psychique s’accompagne d’une hostilité par apport à l’entourage environnant, ressenti alors comme étranger, voire mal veillant. De la, découle un nombre de troubles du comportement, tel que le retrait social, le vagabondage, le désinvestissement de la vie familiale et professionnelle, la méfiance de l’autre, voire même des actes de violence auto dirigé ou envers autrui.

La survenue de la maladie, fait suite à un concours de circonstances, un ensemble de facteurs génétiques et environnementaux dont la résultante semble être incriminée dans le déclenchement de cette psychose, dite d’origine multifactorielle. La schizophrénie touche le jeune entre 15 et 30 ans. Sa prévalence est autour de 1% de la population générale, avec une légère prédominance masculine. Chez la femme elle semble être un peu plus tardive. Elle est favorisée par certains facteurs environnementaux et psychologiques comme l’urbanisation, la toxicomanie au cannabis, les deuils et les catastrophes naturelles, tout cela en présence d’une fragilité génétique, neurodéveloppementale notamment.

La Prise en charge de la schizophrénie doit être la plus précoce possible. Grâce aux molécules de nouvelle génération, le pronostique de la maladie n’est plus aussi sombre que jadis. C’est une pathologie qui reste coûteuse sur les plans humains et économiques. Malgré les efforts fournis par les autorités sanitaires, la schizophrénie reste parmi les maladies les moins investies en Algérie.

Dr. Nesrine BOUMEDIENE


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